Histoire vraie d' une partie de pêche à la carpe

Publié le par haddaprof

                      Histoire vraie.

Il y a quelques années,le hasard me permit d' entrer en conversation avec un inconnu qui,comme moi,accoudé sur le parapet regardait la rivière. Comme il se doit, entres pêcheurs,nous parlions pêche ! Et nous nous quitâmes sur la phrase suivante :"Monsieur , me dit l' inconnu,quand on a goûté à la pêche à la carpe, quand on a vécu les minutes palpitantes qu' elle procure on ne veut plus en connaître d' autres et on ne peut plus en pratiquer d' autres"

Depuis cet entretien, tous les étés cette phrase lapidaire résonnait à mon tympan :"On ne peut plus en pratiquer d' autres". Et de me dire à chaque saison : Ah ! il faudra que j 'essaye. Trois années passèrent ainsi. L'été  dernier en pêchant à la surprise je vis deux carpes miroirs de trois ou quatre livres. L' étincelle qui devait déclancher " le mouvement de la mécanique " avait jailli, et, dès le lendemain, j' appâtais un coin à la pomme de terre . Les débuts ne furent pas brillants. Lorsque je pris la première miroir j' en étais déjà à mon sixième incident : casse, déformation du triple etc... -Lorsque mon matériel fut à peu près au point la saison était terminée néammoins j' étais satisfait : j' en avais pris six  ,quatre miroirs et deux communes dont une commune de six livres. La capture de cette dernière me bouleversa littéralement.  Mon inconnu avait raison : la pêche à la carpe en rivière est passionnante.
Donc , ne pratiquant plus d'autre pêche, j' étais presque tous les jours sur mon coup à carpes. Je ne tardais pas à faire une curieuse remarque : à chaque partie de pêche , ou presque, je voyais deux carpes naviguant de conserve ; une commune que j' évaluais à cinq ou six livres et  une miroir d' environ trois livres ,la commune en tête et les "miroir" qui suivaient à cinquante centimètres comme  un brave toutou ou plutôt comme une servante dévouée à sa grande dame. Le tableau était touchant.
Un jour, alors que mon petit-fils Jean-pierre( 8 ans  ) était en vacances je décidais de l' emmener à la rivière ( je mourais d' envie de le faire assister à la capture d' une carpe)
Nous arrivâmes sur le coup à 9 heures. A 10h30 nous n'avions encore rien vu, lorsque tout à coup je vis à une dixaine de mètres , mes deux commères qui descendaient le courant et se dirigeaient vers l' endroit où se trouvait ma ligne. Pressentant qu'il allait se passer quelque chose, nous retenions notre souffle. Quelques minutes à peine venaient de s' écouler lorsque je vis la canne vibrer. Tout d' abord je crus que c'était mon petit fils qui l' avait faite bouger , mais, au même instant je vis ma ligne se déplacer .Je ferrais sur le champ en disant :" çà y est Jean-Pierre , j' en tiens une ! Et la bagarre qui devait durer un bon quart d' heure commençat.

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