Histoire de l'accordéon 1939

Publié le par haddaprof


La petite histoire se passe en mille neuf cent trente neuf. J'avais 10 ans et mes études se passaient très bien. La guerre de 40 n'était pas finie et je venais d'avoir dix ans. La banlieue de Sétif où nous habitions était à environ 1km de mon école et je revenais tous les soirs comme un grand vers 16 heures. A cette époque les rues étaient dépourvues de voitures et il me fallait guère plus de 10 minutes en courant (comme tous les enfants) pour arriver à la maison où ma mère m'attendait avec impatience; elle ne quittait pas souvent la maison car elle était très occupée; elle faisait de la couture et avait toujours deux ou trois ouvrières qui l'aidaient dans sa tâche. Elle avait le plus important des travaux c'était la coupe du tissu ; les ouvrières ne faisaient que surfiler et coudre. Il ne fallait pas rater la coupe?

Un  jour mon arrivée à la maison ne passa pas inaperçue et je fus bien obligé de dire la raison de mon retard. A deux cents mètres de chez moi vivaient des Italiens et revenant de l'école je m'arrêtais de temps en temps (oh ! pas longtemps !) au début et de plus en plus par la suite.
 Je m'arrêtais pour les entendre chanter et rire; Ces gents avaient l'air d'être heureux. Un homme d'une quarantaine d'années jouait sur un accordéon diatonique des airs italiens et toute la famille reprenait le refrain en cœur ( que manzoli di fiori) il me semble.
  Le petit garçon que j'étais n'osait pas se faire remarquer et ne voulait surtout pas interrompre ces chants. Je me blottissais derrière la porte et tendait l'oreille pour entendre ces chants; Je restais peut-être un peu trop tard et ma mère s'inquiéta de me voir rentrer tous les jours ou presque un peu plus tard.

Il faudrait bien dire à ma mère le motif de mon retard. Je n'eus pas cette peine car le joueur d'accordéon après m'avoir débusqué de ma cachette vint trouver mes parents et leur révéla mon secret. Il faut dire que trois jours avant il m'avait fait rentrer chez lui dans son jardin et il m'avait mit l'accordéon sur les genoux ; il fut assez surpris de voir avec quelle joie j'acceptais l'offre et fut non moins étonné d'entendre son accordéon jouer un air à la mode à l'époque ; cet air c'était / Laissez moi vous aimer / un tango chanté par Tino je crois bien.

    Vostré fils es trés doué pour la mousiqué, dit-il  à mes parents: il fo loui achété oune accordéone ! Mes parents prirent la chose à la légère cependant en 41 pour le " certif " comme on disait  Le "Père Noël" m'ayant demandé ce que je voulais, le choix fut vite fait.
    On commanda le bignou chez  " MAUGEIN frères " à TULLE  et je fus émerveillé en ouvrant la caisse de voir un superbe instrument avec des brillants partout.
    Il ne restait plus qu'à aller chez Monsieur Cassagne Le prof de musique et d'accordéon.

            Voilà comment j'ai eu mon premier instrument de musique.

                        C'est drôle non ?

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