Dernière histoire de 1937 Sétif Algérie

Publié le par haddaprof

En 1937 à 8 ans j'étais déjà un enfant trés évéillé et assez difficile à tenir en place.Mon père et ma mère étant au travail je faisais un peu à ma guise des choses qui n'étaient souvent pas de mon âge. Lorsque mon père était absent j'en profitais pour aller au sous sol où il avait tous ses outils et là avec  mon ami Roger Ravoux nous faisions les menuisiers en herbe. Avec quelques sous nous achetions des roulements à billes et fabriquions des carioles.Mon père en rentrant du travail regardait ses outils et souvent c'était les remontrances car les outils avaient disparus du ratelier et il fallait qu'il refasse le tranchant ce qui ne l'amusait guère. Mon père bricolait beaucoup il avait confectionné une glacière; les frigos existaient mais seuls les riches pouvaient en acheter. Le parain de ma soeur avait un Frigidaire et en 1937 peu de gens pouvaient faire des glaçons.
         Les carioles que nous construisions ne pouvaient rouler que sur le bitume et je n'insisterais pas sur le bruit infernal de ces engins dans les rues . A Sétif nous avions une pente qui partait du pont de chemin de fer et qui était une piste idéale pour nos petites voitures. Il est bien entendu que les gens n'appréciaient pas cette musique à l'heure de la sieste. A cette époque les voitures automobiles étaient rares ; nous étions les rois de la route mais les chutes et les égratignures ne nous décourageaient pas ; les culottes courtes ne protégeaient pas trop et c'est Hadda qui reprisait.
       Le jeudi nous allions à "la chasse" avec le tir boulette et au sud de Sétif nous allions à la ferme Cornetto  où les grands arbres abritaient pas mal de moineaux ; nous revenions avec une dixaine de volatiles que ma maman Hadda s'efforçait de plumer elle était si gentille.
       Cette "Hadda" que je considérais comme ma mère était une femme de ménage Arabe que nous avions presque toute  la journée car mes parents étaient à la Poste à   Sétif. Elle était d'une taille respectable d'au moins un mètre soixante dix et moi à côté j'étais une puce. Elle m'appelait (roïti) mon fils

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