(suite) histoires vécues par un grand père
Nous avons déménagé pour nous installer dans une villa située à la cité Lévy une cité pour ainsi dire résidentielle et vu l'époque sauf le chaufage nous avions un certain confort La situation de mon père avait du évoluer aussi sommes nous restés dans cette villa deux ou trois ans .Nous avions une petite bonne qui venait me garder ; mes parents travaillaient tous les deux à la poste et j'étais presque toujours avec Lamria ( c'était son prénom).Un jour mon père m'avait amené au marché aux bestiaux , je suis tombé amoureux d'un petit âne à peine sevré et je ne sais pas pourquoi mon père a cédé à mes supplications. Voilâ qu'on embarque ce petit âne pour cinq francs ou moins.
Cette villa avait une grande cour et un petit hangar.Il semblait que tout aller marcher pour le mieux; je me voyais déjà avec ce petit ami ; je ne serais plus seul avec Lamria nous aurions de quoi nous occuper.
Hélas l'histoire de l'âne ne dura pas ce petit réclama sa mère pendant deux nuits qui furent pour mes parents des nuits blanches.Deux jours aprés nous ramenions l'âne et le pauvre avait perdu sa valeur en deux jours car nous l'avons rendu au vendeur.
Nous sommes en 1934 à la Cité Lévy.
Aprés l'histoire du petit âne qu'il fallu rendre à sa mère le grand jardin ne resta pas longtemps sans locataires à quatre pattes Mon père qui faisait la brigade(on dit les trois huit) ne restant jamais oisif fit l'acquisition d'un couple de chiens de race Pointer anglais qu'il avait fait venir de France lesquels faisaient moins de bruit que le petit âne appelant sa mère toute la nuit.Cette nouvelle compagnie me réjouis car en revenant de l'école maternelle je retrouvais ces chiens qui sont trés affectueux et ont la particularité de ne jamais aboyer ou rarement.
Le petit bourriquet fut vite oublié et toutes mes attentions furent pour Kriquette et King le mâle qui était trés fort et d'une rare beauté.Les chiens qui étaient dejà dressés à l'achat partaient souvent avec mon père à la chasse et petit Robert languissait et attendait ses amis avec impatience.
Deux années passèrent et, entre mes toutous et la femme de ménage qui s'occupait toujours assidûment de moi je n'ai pas vu passer le temps.
En 1936 mon père avait acheté un superbe vélo de course Super Bertrand ce vélo avait des jantes en bois et il était d'une légèreté,ce qui était rare pour l'époque.
Un jour sachant que mon père ne rentrerait pas avant huit heures du soir et que ma mère serait absente aussi j'entrepris de sortir le vélo.Je me mis à le pousser pour le mettre sur la route goudronnée. Mon idée était simple: je passerais une jambe dans le cadre faisant fi de la selle qui dans le cas précis ne m'interressait pas et cette idée qui me trottait depuis quelques jours fut mise à exécution.Tout ce passa à merveille et mon père n'y vit que du feu.
Cependant ce tour de vélo que je m'offrais de temps en temps failli tourner au vinaigre; les voitures automobiles étaient rares mais un certain Lakdar qui livrait le vin Guébard à domicile avec une caisse de douze bouteilles d'un litre en travers de son cadre de vélo ne pu m'éviter et la rencontre fut brutale; voilà mon vélo par terre mais pas de dégats, mon vélo était sain et sauf.
Le pire était à venir car il y avait des femmes qui cancanaient devant leur porte pas loin de la culbute et lorsqu'elles me virent empétré dans mon vélo, voilà ces folles qui arrivent et s'emparent de moi. Elles voulaient à tout prix me faire uriner. Il paraitrait d'aprés ces mégères qu'un enfant qui a eu peur doit absolument uriner. A sept ans je commençais à avoir une personnalité affirmée et n'avait aucune envie de me laisser ouvrir la braguette (plus tard à vint ans ...) l'affaire en resta là. Le vélo n'avait pas souffert tout allait bien et le père Du n'y vit que du feu ; pour ma part c'en fut fini des sorties en cachette : le vélo ne me tentait plus.