histoires vécuesd'un grand père
Nous sommes en 1937
Mon père ayant eu vent que la loi Loucheur nous donnait la possibilité de devenir propriétaires avec un prêt du CF, nous voilà encore en déménagement et nous quittons la maison Tivisol pour aller dans une villa à terrasse et jardin tout autour.Cette villa est en limite de la commune de Sétif et comme horizon nous avons des centaines d'hectares de champs labourables mais ensemençés que tous les deux ans car la culture en Algérie et différente ; on laisse reposer la terre un an sur deux voir trois ( ni engrais ni fumier) Vous imaginez mes deux pointers lorsqu'on ouvrait la grille du jardin ? Ils fonçaient vers cet horizon sans fin et nous avions du mal à les retenir ; Nelza la femelle avait toujours son compagnon King et en plus certains moments nous avions des petits chiots. Ces petits naissaient parfois quand mon père était au travail et c'est moi qui surveillait et parfois aidais Nelza à se libérer d'un petit qui tardait à venir au monde.
Ce travail d'accoucheur ne me déplaisait pas et à 8 ans c'était le monde qui s'ouvrait à moi et j'étais fier à l'école primaire de raconter à mes copains ces mises au jour de ces petits chiots.
Un jour mon père me fis des remontrances car il avait su par mon oncle Lissou (le traitre) qu'à la fin de la classe vers 16 h30 je faisais sortir les chiens et j'en profitais pour chevaucher le gros mâle King qui partait à une allure vers cette étendue de champs qui s'offrait à lui. Je n'étais pas bien lourd et à mon âge étant plutôt d'un petit gabarit ce chien était pour moi un cheval épatant .Vu l'allure à laquelle il démarrait je ne restais pas longtemps en "selle" il avait vite fait de me mettre à terre .Mon manège ne dura pas car mon oncle avait vendu la mèche.
A cette époque ces chiens que mon père dressait pour la chasse aux perdreaux étaient un peu envahissants : entre parents et enfants nous en avions en permanence une bonne dixaine la nourriture provenait des abats que mon père allait chercher au marché arabe.Ces chiens adultes ne mangeaient que de la viande et les petits auquels souvent le lait de la mère ne suffisait pas buvaient au biberon du lait de vache auquel mon père avait incorporé des jaunes d'oeufs et du sucre pour que le lait soit aussi nourrissant que celui de la mère ; une mère qui a quatre ou cinq petits ne peut pas les nourrir comme il faut jusqu'au sevrage.Ils grossissent à vue d'oeuil et il va falloir les séparer des adultes.
Notre villa était sur étage et mon père avait fait un petit tunnel qui permettait aux chiens d'être soit à l'intérieur en hiver ( 1 mètre de neige à Sétif tous les hivers) soit à l'extérieur en été et à lombre.
Le dimanche à la saison de la chasse nous sortions la moto (Terrot 1920)une moto que mon père avait fait venir de France elle avait appartenue à mon oncle Basile de Masmolène lequel ne s'en servait plus. Cette moto était assez rustique elle roulait au mélange mais comme pendant la guerre nous n'avions pas d'huile moteur mon père faisait du mélange avec de l'huile d'olive et les départs sentaient la friture; cette odeur de friture nous poursuivait et le voisinage au départ en profitait. C'était peut-être la première pollution qui sait ?
Le chien derière dans sa caisse et moi en Amazone sur le réservoir nous allions chasser à 20 ou 30 km de Sétif
sur les flancs du Mégris une montagne culminant à deux mille mètres ('Sétif est déjà à onze cents mètres)
La Terrot à toujours bien transporté ses passagers et tout était pour le mieux.*
C'est sur des centaines d'hectares que les parties de chasse avaient lieu et les perdreaux sacrifiés se comptaient par centaines ; La ville de Sétif possédait un nombre important de chasseurs et le dimanche aprés midi c'est un retour de chasse impressionnant que l'on pouvait voir sur l'avenue de Constantine car les chasseurs étaient fiers de venir exposer leurs carniers avec tous ces perdreaux.
Le petit Robert avait porté toute la journée ces oiseaux et c'était lourd pour son âge mais qu'elle fierté en arrivant à la maison de faire voir à ma mère ce gibier. Heureusement que c'était notre bonne qui plumait tous ces volatiles.
Inutile de dire que le soir je m'endormais vite malgré mes petites fesses en compote car dans ces bleds les chemins de terre sont farçis de nids de poules.
Mon père ayant eu vent que la loi Loucheur nous donnait la possibilité de devenir propriétaires avec un prêt du CF, nous voilà encore en déménagement et nous quittons la maison Tivisol pour aller dans une villa à terrasse et jardin tout autour.Cette villa est en limite de la commune de Sétif et comme horizon nous avons des centaines d'hectares de champs labourables mais ensemençés que tous les deux ans car la culture en Algérie et différente ; on laisse reposer la terre un an sur deux voir trois ( ni engrais ni fumier) Vous imaginez mes deux pointers lorsqu'on ouvrait la grille du jardin ? Ils fonçaient vers cet horizon sans fin et nous avions du mal à les retenir ; Nelza la femelle avait toujours son compagnon King et en plus certains moments nous avions des petits chiots. Ces petits naissaient parfois quand mon père était au travail et c'est moi qui surveillait et parfois aidais Nelza à se libérer d'un petit qui tardait à venir au monde.
Ce travail d'accoucheur ne me déplaisait pas et à 8 ans c'était le monde qui s'ouvrait à moi et j'étais fier à l'école primaire de raconter à mes copains ces mises au jour de ces petits chiots.
Un jour mon père me fis des remontrances car il avait su par mon oncle Lissou (le traitre) qu'à la fin de la classe vers 16 h30 je faisais sortir les chiens et j'en profitais pour chevaucher le gros mâle King qui partait à une allure vers cette étendue de champs qui s'offrait à lui. Je n'étais pas bien lourd et à mon âge étant plutôt d'un petit gabarit ce chien était pour moi un cheval épatant .Vu l'allure à laquelle il démarrait je ne restais pas longtemps en "selle" il avait vite fait de me mettre à terre .Mon manège ne dura pas car mon oncle avait vendu la mèche.
A cette époque ces chiens que mon père dressait pour la chasse aux perdreaux étaient un peu envahissants : entre parents et enfants nous en avions en permanence une bonne dixaine la nourriture provenait des abats que mon père allait chercher au marché arabe.Ces chiens adultes ne mangeaient que de la viande et les petits auquels souvent le lait de la mère ne suffisait pas buvaient au biberon du lait de vache auquel mon père avait incorporé des jaunes d'oeufs et du sucre pour que le lait soit aussi nourrissant que celui de la mère ; une mère qui a quatre ou cinq petits ne peut pas les nourrir comme il faut jusqu'au sevrage.Ils grossissent à vue d'oeuil et il va falloir les séparer des adultes.
Notre villa était sur étage et mon père avait fait un petit tunnel qui permettait aux chiens d'être soit à l'intérieur en hiver ( 1 mètre de neige à Sétif tous les hivers) soit à l'extérieur en été et à lombre.
Le dimanche à la saison de la chasse nous sortions la moto (Terrot 1920)une moto que mon père avait fait venir de France elle avait appartenue à mon oncle Basile de Masmolène lequel ne s'en servait plus. Cette moto était assez rustique elle roulait au mélange mais comme pendant la guerre nous n'avions pas d'huile moteur mon père faisait du mélange avec de l'huile d'olive et les départs sentaient la friture; cette odeur de friture nous poursuivait et le voisinage au départ en profitait. C'était peut-être la première pollution qui sait ?
Le chien derière dans sa caisse et moi en Amazone sur le réservoir nous allions chasser à 20 ou 30 km de Sétif
sur les flancs du Mégris une montagne culminant à deux mille mètres ('Sétif est déjà à onze cents mètres)
La Terrot à toujours bien transporté ses passagers et tout était pour le mieux.*
C'est sur des centaines d'hectares que les parties de chasse avaient lieu et les perdreaux sacrifiés se comptaient par centaines ; La ville de Sétif possédait un nombre important de chasseurs et le dimanche aprés midi c'est un retour de chasse impressionnant que l'on pouvait voir sur l'avenue de Constantine car les chasseurs étaient fiers de venir exposer leurs carniers avec tous ces perdreaux.
Le petit Robert avait porté toute la journée ces oiseaux et c'était lourd pour son âge mais qu'elle fierté en arrivant à la maison de faire voir à ma mère ce gibier. Heureusement que c'était notre bonne qui plumait tous ces volatiles.
Inutile de dire que le soir je m'endormais vite malgré mes petites fesses en compote car dans ces bleds les chemins de terre sont farçis de nids de poules.
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